IfSi
Le Forum International de l’Innovation Sociale
Créé en 1976, le
Forum International de I’Innovation Sociale (F.I.I.S.)
est une association internationale dont l'objet est de promouvoir l'innovation
sociale et la transformation institutionnelle dans les institutions privées ou
publiques.
Sous
le terme d'institutions, le F.I.I.S. désigne les organisations de toute nature, en
mettant en avant les productions qu'elles génèrent mais aussi l'histoire
factuelle et mythique qui les fonde, les règles implicites et explicites qui
les régissent, la vie affective consciente et inconsciente qui les anime et,
d'une manière générale, tout ce qui les fait exister.
Sous
le terme d'innovation sociale, le F.I.I.S. entend spécifiquement la capacité
des personnes à innover dans leurs comportements sociaux, privés et
professionnels ; à envisager d'autres options que la répétition et la
reproduction ; à transformer leurs rôles et à contribuer ainsi à la
transformation de leurs institutions.
En
mettant ainsi en avant le rôle de la personne dans la transformation des
institutions, en prenant en compte la dimension de l'imaginaire, le F.I.I.S. se
réfère à des courants de pensée tels que le personnalisme, l'application de la
théorie psychanalytique au champ collectif, l'analyse systémique. Il entend
en valoriser les complémentarités, les contradictions, les tensions. Il pose
comme principe d'action que l'évolution des comportements passe par le travail
sur les représentations mentales et qu'il n'y
Aujourd'hui,
le Forum développe sa propre démarche, celle de
Depuis
1978, concrètement, la première activité du F.I.I.S. a consisté à organiser en
France, chaque année, un séminaire international sur le thème Autorité,
leadership et innovation devenu depuis Autorité, leadership et
transformation, puis, Autorité, leadership et transformaction®.
Depuis
2005, ce séminaire s’intitule Transformaction®.
En
outre, le F.I.I.S. développe aujourd'hui, seul ou avec d'autres organisations,
des activités ou des séminaires similaires à l'étranger (Autorité
Palestinienne, Belgique, Caraïbes anglophones, Catalogne-Espagne, Cuba,
États-Unis, Finlande, Inde, Irlande, Israël, Italie, Pérou, Royaume-Uni,
Ukraine, ...) et il entretient des relations suivies avec les
associations étrangères qui partagent ses références théoriques et
méthodologiques.
Il
développe par ailleurs de nouvelles méthodologies et des interventions spécifiques
en matière
Enfin,
en 2001, puis en 2003, conjointement avec
Enfin,
il a créé et renouvelé, depuis janvier 2004, un nouveau séminaire international
annuel sur le thème de la féminité, du leadership, de l’autorité et de la
masculinité : le séminaire F.L.A.M..
Ainsi, le
F.I.I.S. est à la fois une institution apprenante vouée
à la transformation et un lieu de passage où les personnes mènent, ici et
maintenant, un travail individuel et collectif dont l'objet est de transformer
leurs rôles et leurs institutions. Le F.I.I.S. considère la diversité des
origines de ses membres, consultants et administrateurs, comme une richesse
qu'il entend valoriser par son exigence de travail sur soi-même en tant
qu'institution en transformation.
Les
ressources financières du F.I.I.S. proviennent des cotisations de ses membres,
personnes physiques et morales et du produit de ses activités. Il les utilise
pour soutenir et développer ses actions, accorder des bourses aux participants
1978
- 2005: le trajet du F.I.I.S.
Entre
tradition et transformation :
de l'Innovation
Sociale à
Aux
lendemains de
Au fur et
à mesure que de nouvelles perspectives et de nouveaux modèles rejoignaient le
travail des Relations de Groupes, ces concepts se sont élargis au contact des
organisations industrielles et commerciales. Confrontées à l'ouverture des
marchés et à la concurrence accrue, celles-ci ont en effet été les premières à
reconnaître la nécessité d'adaptation aux évolutions de l'environnement.
Pour
répondre au désir de changement tout en continuant à soutenir l'idée
d'innovation sociale, le F.I.I.S. insiste sur l'importance des personnes dans
l'organisation. Il affirme qu'il n'y a pas d'innovation (in-novare) sans processus de transformation et écarte le
terme usuel de changement en avançant l'idée de transformation
institutionnelle.
En effet,
les organisations utilisent bien souvent le mot changement pour exprimer leur
volonté de transformer une situation qui ne les satisfait pas : quand
elles poursuivent ou accélèrent leur déclin, quand elles se focalisent sur leur
survie, quand elles se montrent hyperactives et frénétiques et quand, plus
rarement, elles font preuve d'innovation et de générativité.
L'approche
dite de
Prenant
appui sur ce qui précède, les membres du F.I.I.S. sont convaincus que le
concept plus large de
2. Pour
travailler à la transformation des systèmes ‑ les institutions étant des
systèmes ‑ il est nécessaire que les personnes qui les constituent transforment
leurs propres rôles. Soulignons bien qu'il s'agit de travailler à la
transformation des rôles choisis ou projetés-introjectés dans les systèmes et
non à celle des personnalités individuelles.
3.
Travailler à la transformation de nos rôles implique que nous acceptions
de mobiliser non seulement nos pensées mais aussi nos sentiments et nos désirs
et que nous admettions de reconnaître et de travailler les facteurs
inconscients qui les régissent. Le travail de transformation implique donc pour
une large part un travail avec nos résistances, un travail de transformation
des résistances.
4.
Corollaire des deux précédents, le travail de transformation institutionnelle
oblige à faire interagir le travail sur les rôles individuels et le travail sur
le système qu'est l'institution. Pour cette raison, nous considérons ‑
dans les séminaires ‑
5. Le
processus de trans-formation n'est pas un itinéraire prévisible, avec un
état initial, un état final et une possibilité de mesure régulière de l'écart à
cet état final. C'est un voyage en zigzags dans lequel on s'engage sans
garantie sur le point d'arrivée, sans happy-end assuré, si ce n'est la
satisfaction d'apprendre, d'entre-prendre et
de vivre davantage la condition humaine avec ses désespoirs et ses joies, ses
progressions et ses régressions, ses moments de fécondité et ses périodes de
stérilité, ses répétitions et ses surprises.
Ainsi, la
TI poursuit, élargit et approfondit l'approche des Relations de Groupes. Mais
le point focal de son travail est l'institution, et pas seulement les groupes.
La TI souligne aussi l'importance de la transformation perçue comme un voyage
composé d'une série de développements et de changements.
Les
leaders, managers et consultants qui s'y réfèrent favorisent une herméneutique
des événements tels qu'ils adviennent dans et entre les systèmes, sous-systèmes
et l'environnement (de l'individu, considéré comme sous-système, à
l'écosystème). La posture heuristique qu'ils adoptent suscite la perception et
l'interprétation par tous les participants des sentiments qui s'y vivent, des
projections qui s'y effectuent, du drame et des enjeux qui s'y jouent. Ce
faisant, ils offrent à chacun, y compris à eux-mêmes, l'occasion de transformer
leurs rôles, leurs relations, leurs projections et ainsi de contribuer à la
transformation de l'institution en réhabilitant le politique dans son sens
premier et si actuel. Ainsi, la TI ne se destine pas seulement à l'analyse et à
la compréhension approfondie : la TI est engagée de façon continue dans
l'action.
Ce n’est
que lorsque les leaders, les managers, les consultants ou les autres membres
d'une institution reconnaissent et travaillent avec la complexité croissante
des dimensions politique, psychique et spirituelle, qu’ils peuvent permettre à
l'institution de s'écarter du chemin du déclin, de la survie, de l'accélération
frénétique ou de la frénévie pour accéder à un état
de générativité et de réflexion : la VIE.